L'indice Meta
Un outil de mesure du caractère symbolique d'une économie
Le 28 octobre 2021, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, a présenté Meta, le nouveau nom de son entreprise, qui traduit sa stratégie centrée sur le concept de Métavers. Le Métavers est un monde virtuel fictif imaginé par Neal Stephenson en 1992 dans le roman “Snow Crash”.
Le roman imagine un monde apocalyptique où un magnat qui a découvert des moyens de contrôler l'esprit humain s'en sert pour accroître son pouvoir
Au-delà de la question psychanalytique du choix de cette référence, Mark Zuckerberg propose une solution très discutable au problème de la croissance infinie dans un monde fini. Plutôt que de décroître, il étend le monde. Et pas un mot sur les infrastructures techniques et l'énergie très réelle nécessaires pour faire fonctionner ce monde virtuel, l'écologie n'est pas son problème. On gardera pour Wall-E les montagnes de devices nécessaires à la réalité virtuelle et à la réalité augmentée.
Pourtant, même si la proposition de société est radicalement techno-solutionniste, donc très immature, cela ouvre une réflexion intéressante : pouvons-nous mesurer le caractère symbolique, culturel, virtuel (même si le mot est imparfait) d'une économie ? Quelle énergie consacrons-nous à produire du pain, quelle énergie à produire des jeux ?
Nous proposons dans cette expérience un nouvel indicateur, nommé “Indice Meta”. Cet indice, comme le coefficient de Gini, s'étend de 0 à 1. À 0, un groupe humain produit exclusivement des biens matériels, visant à satisfaire ses besoins primaires : se nourrir, se vêtir, se loger... À 1, un groupe humain produit exclusivement des biens symboliques, visant à développer sa culture : récits, jeux, arts...
L'indicateur peut s'utiliser à plusieurs échelles d'analyse économique : en micro, pour comprendre l'activité des acteurs individuels ; en macro, pour comprendre l'activité des régions, nations et du monde. Il peut s'observer en statique, pour positionner des acteurs dans un espace d'analyse, ou en dynamique, pour observer des évolutions temporelles.
En s'appuyant sur un jeu de données ouvertes de l'OCDE, nous présentons un cas pratique d'utilisation de l'indice Meta, sur 46 pays et 51 ans.